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La première utilisation de chars français
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C'est le 16 avril 1917 que, pour la première
fois, l'artillerie d'assaut française fut engagée
sur le front. Dans le cadre de l'offensive Nivelle du
Chemin des Dames, cent-vingt-huit chars Schneider, répartis
en deux groupements, participèrent à cette
attaque.
Embarqués sur voie ferrée à Champlieu,
à la lisière de la forêt de Compiègne,
là où se trouvait le camp d'entraînement
de cette arme nouvelle, le 11 avril, les engins furent
rassemblés à l'ouest et au sud-ouest de
Cuiry-les-Chaudardes, village proche des zones d'engagement.
Le groupement le plus important était celui du
commandant Bossut, composé de cinq groupes (le
groupe étant l'unité tactique, il se composait
de quatre batteries à quatre chars ; chaque groupement
étant également doté d'une section
de ravitaillement et de réparations composée
de deux Schneider, deux Saint-Chamond non-armés
et de deux Baby-Holt), pour un total de quatre-vingt chars.
Ce groupement quitta, à six heures trente, soit
une demi-heure après l'heure H, sa position d'attente,
à proximité d'un pont sur le ruisseau de
Beaurepaire, et progressa en une seule colonne, longue
de deux kilomètres, sur la route de Pontavert-Guignicourt.
La tête de cette colonne parvint, à huit
heures, au pont de la Miette, petit cours d'eau serpentant
au nord de Berry-au-Bac, sous le feu de l'artillerie lourde
allemande et perdit là son premier char. Vers dix
heure quinze, les premiers chars atteignirent la ferme
du Choléra. De là, le groupement se fractionna
en deux colonnes : trois groupes entre la route de la
ferme du Choléra à Guignicourt et la Miette
; deux groupes de l'autre côté de cette même
route.
Le groupement Chaubès, composé de quarante-huit
chars, dont huit s'embourbèrent au cours du trajet
et ne purent participer à l'attaque, répartis
en trois groupes, quitta sa position d'attente, dans les
bois de Beaumarais, à six heures vingt et progressa
en une seule colonne dans le secteur de la ferme du Temple.
A six heures cinquante, sous le bombardement ennemi, la
colonne fut arrêtée sur la dernière
tranchée française, où le passage
prévu n'était pas encore terminé,
et perdit, à cette occasion, ses deux premiers
chars. A sept heures quinze, ses éléments
de tête parvenaient face à la première
ligne de tranchées allemande.
Tout comme l'offensive à laquelle il s'incorporait,
ce premier engagement des chars fut un échec. Avec
des engins peu maniables et trop vulnérables, souffrant
des postes d'observation allemands qui les avaient très
vite repérés, manquant d'un effet de surprise
indispensable à sa réussite, il sera toutefois
riche d'enseignements et deviendra la base des victoires
futures.
Tout comme l'infanterie, ce 16 avril 1917 fut, pour ces
pionniers, une journée cruelle et sanglante. Sur
les sept-cent-vingt officiers et hommes d'équipage
de l'artillerie d'assaut, cent-quatre-vingt furent tués,
blessés ou portés disparus. Parmi les tués,
l'emblématique commandant Bossut, le chef admiré,
dont le char fut touché par un obus, inhumé,
le 18 avril, par ses hommes, dans le petit cimetière
de Maizy. Du point de vue matériel, cinquante-deux
chars furent touchés par l'artillerie ennemie (trente-cinq
ayant pris feu) : quinze par tir direct et trente-sept
par tir indirect (obus, souvent tirés par l'artillerie
lourde, explosant dans leur voisinage et entraînant
leur arrêt). Et vingt-et-un appareils furent immobilisés
par panne, quelle soit mécanique ou de terrain
(comme l'enlisement).
Sources : "Le premier engagement des chars français
(16 avril 1917) par le Lieutenant-Colonel J. Perre in
Revue de l'infanterie
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Le char Schneider
D'un poids de 13.5 t, long de 6.32 m, pour une largeur
de 2.05 m et une hauteur de 2.30 m, ce char avance à
la vitesse maximale de 7 km/h (2 à 3 km/h en terrain
difficile). Il peut franchir des tranchées de 1.50
mètre de large maximum, ce qui l'oblige à
être accompagné par de l'infanterie pour
franchir les obstacles trop importants.
Son rayon d'action est de six heures de marche. Son blindage,
en acier trempé, va de 5.4 à 17 mm. Il est
armé d'un canon de 75 court en réduit avant,
situé à droite du conducteur, et de deux
mitrailleuses sur rotules, une sur chaque face latérale.
Son équipage se compose d'un officier, qui est
à la fois chef de char et pilote, d'un sous-officier
et de quatre hommes (dont deux mitrailleurs et un canonnier)s.
Point faible, son unique réservoir d'essence se
trouvait à l'avant ce qui rendait le char très
vulnérable. Un problème qui sera résolu
par la suite par l'emploi de deux réservoirs blindés
placés à l'extérieur.
Aujourd'hui, il ne reste plus qu'un seul exemplaire de
char Schneider qui se trouve conservé au Musée
des blindés de Saumur.
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la Grande Guerre en Picardie
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