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Le cimetière communal de Oigny-en-Valois
se trouve à l'entrée du village, en arrivant
par la D1380, venant de Dampleux, ou par la route de Villers-Cotterêts.
On y trouve un espace, délimité par des
chaînes, où prône, en son centre, le
monument aux morts du village, entouré des tombes
de quelques-uns des enfants de Oigny morts pour la France.
Sur une plaque figurent les noms de ces quatorze hommes.
Une liste à laquelle il convient d'ajouter celui
d'un quinzième, figurant sur une autre plaque,
plus récente, en compagnie de l'unique mort de
la Seconde Guerre mondiale. Est-ce parce qu'il était
parisien de naissance qu'il ne figure pas dans la liste
originelle ? Mystère ...
Sur une autre plaque, figure le nom de quatre victimes
civiles mortes en évacuation, au cours de l'été
1918, au moment où le village était à
la portée des canons allemands, qui avaient enfoncé
le front français à la fin du mois de mai.
Et on découvrira, à cette occasion, que
le village a été cité à l'ordre
de l'armée pour avoir résisté vaillamment
aux fréquents bombardements dont il a souffert.
Parmi les tombes qui entourent le monument aux morts,
trois sont à remarquer. D'abord, sans doute la
plus émouvante, celle des trois frères Duval
(photo 2, tombe de droite). Le premier à tomber
fut Emile, du 19ème bataillon de chasseurs à
pied, le 25 septembre 1914, au Fort de La Pompelle, devant
Reims. Il avait 21 ans. Puis ce fut le tour de l'ainé,
Lucien, qui avait 32 ans, sergent au 67ème R.I.,
le régiment de Soissons, le 24 avril 1915. Sergent,
tout comme Frédéric, le cadet, qui mourut,
lui, le 19 avril 1918, à l'âge de 25 ans.
La famille Duval est-elle une famille comme les autres
? Elle qui a payé un si lourd tribu au cours de
cette Grande Guerre ...
Juste à côté de ce caveau se trouve
la tombe du premier mort du village : Robert Walle, du
21ème régiment d'infanterie coloniale (photo
5, tombe de droite). Il est mort le 6 septembre 1914,
dans la Marne. Comme tant d'autres, il n'avait que vingt
ans. L'âge auquel mourra son frère, Maximilien,
du 29ème bataillon de chasseurs à pied,
en mars 1916 à la butte de Souain, également
dans la Marne.
Enfin, la troisième tombe est celle d'Henri Caron
(photos 3 & 4). Une photo le montre le regard droit,
portant fièrement moustache, debout derrière
une chaise. Une première fois blessé, le
2 octobre 1914, aux Eparges, il fut touché à
nouveau le 29 mars 1917 à Frières-Faillouël,
dans l'Aisne. Il succombera à cette blessure le
19 avril 1917, dans un hôpital de Beauvais. Il aurait
eu 37 ans cette année-là.