Selon votre équipement, pour visualiser les photos,vous
devez "autoriser lecontenu bloqué" par
votre navigateur.
Situé sur les hauteurs d'un bois,
à la sortie de Vézaponin, longeant la D6
menant à Soissons par Cuisy-en-Almont, envahi par
la végétation, ce mausolée ne contient
pas le corps d'un soldat mort au cours de la Grande Guerre
mais une plaque nous rappelle ce que fut ce conflit pour
des millions de famille.
On peut lire : "A la mémoire de Marcel Lefèvre,
quartier-maître mécanicien, engagé
volontaire le 3 août 1914, pilote d'hydravion disparu
en mer le 10 août 1918 au cours d'une reconnaissance
aérienne au large de Cherbourg. Mort pour la France.
Médaille militaire. Croix de guerre. Ici reposent
son père : Lefèvre Paul Eugène (1868-1943),
sa mère : Lefèvre Elisa née Décourt
(1872-1945)".
A cette lecture, on peut deviner le drame vécu
par ces parents dont le corps du fils mort à la
guerre n'a jamais pu être retrouvé. Ces quelques
lignes nous laissent imaginer ce que furent les longues
années de deuil, les larmes et le chagrin.
Aujourd'hui, oubliés de tous, dans un lieu où
la nature a repris ses droits, leur histoire se trouve
résumée à quelques mots gravés
sur une plaque. Et c'est aussi ça "préserver
la mémoire" : se souvenir de ces drames qui
ont marqué l'histoire de millions de familles.
Le hasard a voulu que Roland Itey, que je remercie pour
son témoignage, parcoure le site en ce mois de
juin 2006 et découvre cette page.
Son grand-père maternel, fils de Aimée Décourt,
et originaire de Trosly-loire, dans l'Aisne, était
le cousin par alliance de Paul Lefèvre. Au début
du XXème siècle, ce grand-père est
venu s'installer dans le sud-ouest et au cours d'une visite
de Paul Lefèvre, dans les années trente,
ce dernier a été frappé par la tradition
qui consistait à ériger les caveaux familiaux
au milieu des vignes. On peut donc véritablement
penser que c'est cette découverte qui l'a inspiré
et amené à édifié son propre
mausolée, lui qui était maçon de
profession, vivant à Soissons mais possédant
ce terrain à Vézaponin. Son humour l'avait
même amené à réaliser deux
bancs près du caveau, "afin de se reposer
d'être couché pour l'éternité".
Paul et Elisa Lefèvre avaient un second fils, dont
la famille a perdu la trace. On sait simplement qu'il
s'est marié à une anglaise et a eu trois
enfants. Si le destin amène l'un de ses descendants
jusqu'ici ...