C'est le 2 avril 1917, au Sénat,
que le président Thomas W. Wilson évoqua
l'entrée en guerre de son pays. Les complots allemands
incitant le Mexique à entrer en guerre avec les
Etats-Unis et la guerre sous-marine à outrance
des troupes du Kaiser avaient fini par user la diplomatie
américaine. C'est ainsi que les premiers soldats
de l'US Army débarquèrent en France, les
24 et 25 juin de cette année-là. Mais ces
grands gaillards, portant un uniforme de scout, qui étaient
accueillis dans l'enthousiasme, n'étaient pas prêts
pour une guerre moderne. Mal équipés et
inexpérimentés, il allait falloir de nombreux
mois avant qu'ils soient opérationnels. La France
et la Grande-Bretagne participèrent d'ailleurs
beaucoup à transformer cette petite armée
en fournissant équipements, artillerie et instructeurs.
Leur premier engagement, les Américains le connaîtront
à Cantigny, dans la Somme, le 28 mai 1918, où
la 1ère division s'empara du village et résista
victorieusement aux violentes contre-attaques allemandes.
Toujours dans la Somme, quatre compagnies des 131ème
et 132ème régiments US, sur dix prévus
(à la suite d'un mal-entendu avec le général
Pershing, chef de l'armée américaine en
France), participèrent à la bataille de
Le Hamel, opération préparée et menée
par les Australiens, le 4 juillet.
C'est ensuite dans l'Aisne que l'on retrouvera essentiellement
les Américains. Tout d'abord à Château-Thierry
où, le 2 juin, la 3ème division stoppa une
première fois les Allemands sur la Marne, la seconde
le 15 juillet, eux qui avaient pris, le 27 mai, le Chemin
des Dames en quelques heures et marchaient alors dangereusement
sur Paris. Au bois de Belleau, ensuite, où la 2ème
division repoussa les Allemands entre le 5 et le 7 juin,
transformant la prise de ce bois en symbole. Mais également
dans les villages de la forêt de Retz où
les troupes US prirent part à l'offensive du général
Mangin, le 18 juillet. Enfin, c'est sur la ligne Hindenburg,
pour le dernier quart d'heure de la guerre, que s'illustrèrent
les Américains franchissant, en compagnie des Britanniques,
le canal de Saint-Quentin, le 29 septembre, permettant
enfin une percée de la ligne Hindeburg.
Alors que, le 30 mars 1918, seuls 284.000 hommes de l'US
Army étaient opérationnels, ils étaient
plus de 1.872.000 début novembre sur différents
endroits du front occidental. Leur participation dans
les combats de 1918 contribuèrent grandement, dans
un premier temps, à sauver la France du désastre,
puis à la victoire finale que ne pouvait laisser
espérer le début de l'année 1918.
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