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Senlis était, au moment où
la guerre éclata, une paisible ville, de 7.000
habitants, au riche passé historique. Dès
le 29 août 1914, avec l'aflux de réfugiés
venus du nord et fuyant l'avancée allemande, sa
population commença, elle-aussi, à fuir,
craigant les exactions des troupes du Kaiser colportées,
parfois fort exagérément, par ceux qui traversaient,
de plus en plus nombreux, la cité.
Le 1er septembre, le 361ème R.I. et quelques unités
de la 45ème brigade marocaine arrivèrent
à Senlis, où il restait à peine un
millier d'habitants, quelques heures avant l'avant-garde
allemande qui progressa dans les faubourgs, après
une courte préparation d'artillerie. L'opposition
française fut vive mais ne put contenir l'avancée
des Allemands qui recevaient continuellement des renforts.
Ces derniers, afin de limiter leurs pertes, n'hésitèrent
pas à se servir de civils, râflés
dans la ville, qu'ils obligèrent à marcher
devant eux. Bon nombre de ces pauvres gens furent ainsi
tués, dont un certain nombre par les Allemands
eux-mêmes.
Les troupes françaises se rassemblant plus au sud,
les éléments présents à Senlis
reçurent l'ordre de décrocher et, le 3 septembre,
les Allemands étaient maîtres de la ville.
Ils se livrèrent alors à de terribles représailles,
pour avoir été ainsi ralentis dans leur
avancée sur Paris. Pillage, mise à sac,
destructions, incendies, ... Senlis allait devenir un
exemple marqué par une vingtaine d'exécutions
sommaires dans ses rues. Même le maire, Eugène
Odent, qui était resté à son poste,
à l'hôtel de ville, fut arrêté
au motif que de nombreuses maisons avaient leurs volets
fermés. En effet, depuis la guerre de 1870/71,
les Allemands craignaient plus que tout les francs-tireurs
et les explications du pauvre homme, s'évertuant
à démontrer que les maisons étaient
fermées parce que ses occupants avaient fui, ne
les convainquirent pas. M. Odent fut emmené à
Chalmant, petit village proche, en compagnie d'autres
otages, arrêtés aléatoirement à
Senlis, pour y être fusillés à l'endroit
même où d'autres personnes avaient elles
aussi étaient assassinées et hâtivement
enterrées.
Queqlues jours plus tard, à la suite de la bataille
de la Marne, Senlis fut libérée et les habitants
découvrirent avec horreur la tragédie qui
s'était déroulée dans ses murs. La
ville ne connut plus la bataille et reçut la Croix
de Guerre en 1919.