Située dans Hirson, à l'intérieur du cimetière municipal, cette nécropole a été édifiée par les Allemands en septembre 1914 et a été utilisée jusqu'à la fin de la guerre (le dernier enterrement ayant eu lieu le 7 novembre 1918). Après l'armistice, la France a regroupé ici des tombes provenant de 18 lieux (principalement des cimetières allemands) situés dans les proches environs.

Hirson était un noeud ferroviaire de grande importance pour les Allemands, qui pouvaient ainsi envoyer troupes et matériels vers Saint-Quentin ou Reims, mais de nombreux blessés, en provenance du front, y transitaient également.

On trouve donc, dans ce cimetière, les tombes de soldats tués à la fin du mois d'août 1914 mais aussi ceux n'ayant pas survécu à leurs blessures, au cours de leur transport, pendant la bataille de la Marne, en 1914, ou celle de la Somme, en 1916. Mais la grande majorité d'entre-eux avaient pris part aux offensives du printemps 1918 (en mars vers Amiens, en mai sur le Chemin des Dames et en juin au cours de la bataille du Matz) et combattu lors de la contre-offensive alliée, déclenchée en été.

On distingue également dans ce cimetière, quelques tombes d'hommes du service des étapes (conducteurs, artisans, ...) morts, à Chauny, des suites d'un accident ou de maladie.

Aujourd'hui, cette nécropole contient 1.301 corps (croix en pierre) : 1.103 dans des tombes individuelles (dont celui d'une infirmière allemande) et 198 dans deux ossuaires (dont seuls 15 ont pu être identifiés).

On y découvre également deux monuments (photos 4 & 5) édifiés par les Allemands au cours de la guerre. Sur l'un d'eux, on peut lire (en allemand) : "En remerciement à nos héros - 28 août 1914". Cette date correspond à la prise d'Hirson.

Enfin, on trouve dans ce cimetière les sépultures de 289 Roumains et 159 Russes, prisonniers de guerre (photo 6) morts en captivité.

Alain Pouteau - 20 juin 2006 | retour