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Picardie 14-18DécouvrirCimetières militaires français dans la Somme ⟩ Nécropole française du bois des Loges - Beuvraignes

Nécropole française du bois des Loges - Beuvraignes

Située au nord du bois des Loges qui lui a donné son nom, la nécropole nationale de Beuvraignes, édifiée au cours du conflit, contient mille huit cent cinquante-quatre corps de combattants français. Du 7 septembre 1914 au 17 août 1918, date de sa libération définitive, d'intenses combats eurent lieu au bois des Loges.

  • Nécropole française du bois des Loges #1/3
  • Nécropole française du bois des Loges #2/3
  • Nécropole française du bois des Loges #3/3

Située à la sortie du village, en direction de Crapeaumesnil, au nord du bois des Loges qui lui a donné son nom, à la limite du département, cette nécropole de 6.050 m², édifiée au cours du conflit, contient 1.854 corps dont 654 en ossuaires (4). On y trouve également la tombe de trois soldats français tués au cours de la Seconde Guerre mondiale (des combats ayant eu lieu à proximité en 1940).

En 1921, 1929 et 1936, les corps provenant de carrés militaires situés dans des cimetières communaux de la Somme, dont Popincourt, ainsi que de Beuvraignes, ont également été regroupés ici.

On trouve dans ce cimetière, les tombes de soldats tués principalement en 1914, 1915, 1916 et 1918. Dès le 7 septembre 1914, des escarmouches se sont produites entre Français et Allemands à Beuvraignes. Ces derniers, après avoir bombardé l'église et le moulin de Taine, dès le 24, s'emparèrent du village le 3 octobre, deux jours après que la majorité des habitants du village, tenu alors par les Français, eut décidé d'évacuer volontairement les lieux. Incendies, pillages, exécution de villageois qui s'étaient cachés dans les caves, accompagnèrent cette capture. Les ruines de l'église furent alors fortifiées avant d'être bombardées par les Français qui tenaient Tilloloy, le Cessier et le bois des Loges (pendant les premiers mois de la guerre, ce furent les 101ème, 102ème, 103ème et 104ème R.I., ces régiments qui avaient été amenés à Nanteuil-le Haudouin, par taxis et par le train, qui tinrent le secteur). Le village ne fut bientôt plus que ruines et connut régulièrement l'honneur des communiqués, comme le 18 août 1915, quand une mine explosa sous les tranchées allemandes.

Le 15 mars 1917, quelques heures après le retrait allemand sur la ligne Hidenburg, le village fut repris. Puis perdu à nouveau un an et un jour plus tard, lors de la première offensive allemande du printemps 18, qui avait débuté cinq jours auparavant. Finalement, le 16 août de la même année, le bois des Loges fut repris et, quatre jours plus tard, Beuvraignes. La guerre était ici terminée, il n'y avait plus qu'à reconstruire, avec courage et volonté.

Dans les quatre ossuaires de cette nécropole, reposent les corps d'hommes du 24ème R.I., dont dix-sept ont pu être identifiés, qui ont principalement été tués le 13 août 1918. Ce jour là, alors que la contre-offensive alliée, qui allait amener l'armistice, avait débuté cinq jours plus tôt, le 3ème bataillon de ce régiment fut chargé de capturer Canny-sur-Matz dont la ferme, qui porte son nom, était transformée en forteresse. S'élançant dans un assaut à la baïonnette, les 9ème et 10ème compagnies furent fauchées par des feux intenses de mitrailleuses conjugués à un bombardement violent, dont les gaz toxiques faisaient partie. Ce soir là, 235 hommes avaient été mis hors de combat, dont 83 tués. Finalement, Canny fut pris le 17 août ... les Allemands s'étant parfaitement retranchés dans des positions (tranchées et blockhaus) qui avaient été édifiées et tenues par les Français jusqu'en mars 1917.

La Grande Guerre est toujours d'actualité à Beuvraignes et au bois des Loges. Depuis de longs mois, l'implantation d'une décharge est prévue à l'endroit même où tant de sang fut versé. Aux yeux de nombreuses personnes, dont les miens, qui souhaitent défendre la Mémoire de la Grande Guerre, ce projet est un sacrilège. Une insulte à ceux qui ont souffert pendant de si longs mois dans ce bois ... L'affaire a été portée devant les tribunaux. Le verdict de la cour d'appel de Douai, rendu le jeudi 30 novembre 2006, n'empêchera pas la réalisation de ce projet.

Alain Pouteau - Publié
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